Objet de menaces de mort, le photo journaliste haïtien Dieu-Nalio Chéry laisse le pays

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Menacé de mort par des chefs de gangs de la fédération “G9 famille et alliés”, le photo journaliste Dieu-Nalio Chéry a dû laisser Haïti pour sauver sa vie et celle des membres de sa famille.

Lors d’une entrevue accordée dans la matinée du mardi 22 juin à radio Magik 9, le photo journaliste a révélé qu’il s’est trouvé dans la ligne de mire des bandits de Simon Pelé après avoir pris des clichés d’une fusillade de ce gang sur la route de l’aéroport le 17 mars dernier.

“Je me suis mis a couvert depuis le 17 mars 2021. Ce jour-là, je prenais des photos dans une manifestation organisée par Fantom 509, après le fiasco du 12 mars au Village-de-Dieu. Après avoir saccagé, vandalisé des commissariats et libérés de force des policiers en garde à vue, les membres de Fantom 509 sont revenus sur la route de l’aéroport. Ils ont échangé des tirs avec les agents de sécurité de la maison de Nissan. Ils se sont ensuite introduits dans le bâtiment pour orchestrer un pillage. Je tentais de prendre des photos mais deux membres du groupe ont menacé de me tuer si je m’entêtais à en prendre d’avantage”, a rapporté le travailleur de la presse.

Dans ce même mouvement de protestations, Dieu-Nalio Chéry explique qu’il a failli être tué. Pendant qu’il prenait des photos, les gangs armés du quartier Simon Pelé qui étaient arrivé sur les lieux avaient exécuté les gens qui pillaient l’entreprise Auto Plaza.

“Ils ont tué de nombreuses personnes. Ils ont criblé des gens à l’aide d’armes automatiques. Parce qu’il y avait des gens qui allaient piller l’entreprise[…]. Quand je vois qu’ils s’en vont avec une bonne quantité de gens tués, je me suis dit s’ils sont au courant que je vois ces exactions, ils vont me tuer. Parce que c’est quelque chose qu’ils font pour ne pas laisser de trace” , a-t-il indiqué.

Deux jours plus tard, un confrère l’a appelé au téléphone pour lui met au courant que le chef de gang de Simon Pelé était à ses trousses. ” Je lui ai demandé pour quoi. Il me disait, il a vu quand vous avez couru, ils ont visionné vos images et votre nom en dessus”, confie Dieu-Nalio Chéry.

Paniqué, le photo journaliste a pris des mesures pour protéger sa famille. Quelques jours plus tard, les menaces à répétition ont lui obligé à laisser le pays pour pouvoir sauver sa peau et celle de sa famille. “J’ai dû m’exiler pour protéger ma femme et mes deux enfants.” Je me suis en sécurité là où je suis”, a fait savoir le photo journaliste.

Dieu-Nalio Chéry travaille comme photo journaliste depuis plus d’une dizaine d’années pour l’agence Associated Press. En 2019, il a remporté le Prix Philippe Chaffanjon du reportage multimédia avec Luckson Saint-Vil et Jean Marc Hervé Abelard.